Chronique d'une aventure himalayenne 1

Publié le 26 octobre 2024Nature

J’ai étonnamment peu d’attente pour ce voyage inédit. Justement peut être parce que je n’ai encore jamais mis les pieds en Asie et n’en ai donc aucune expérience concrète. Par contre, j’y ai déjà mis le coeur, en Himalaya surtout. Je regarde depuis … toujours semble-t-il ? des livres sur ces montagnes, j’ai lu nombre de récits d’expéditions sur les sommets et y associe le froid, l’espace, la démesure et le possible. Dans ce sens, je vais y chercher quelque chose peut être. Une confirmation de ma place humaine sur cette terre, de ma petitesse mais de ma valeur aussi, de mes limites comme de mon potentiel.

Montagnes

Ce voyage m’a un peu choisi, je m’y suis inscrite très spontanément, presque sur un coup de tête. Il y a un an maintenant, je recevais un mail de mon amie Sunny, directrice de Awe Expeditions — organisme de voyage spécialisé dans l’alpinisme pour femmes — qui annonçait ouvrir un trek au Népal. J’ai une entière confiance dans les propositions de Sunny, j’ai déjà gravi l’Aconcagua avec elle, un sommet à 6900 mètres dans les Andes. Je me suis donc inscrite sans vraiment regarder l’itinéraire dans les détails, j’ai retenu du descriptif “hors des sentiers battus”, “haute altitude”, “difficile et beau”. Ca m’a suffit.

Pays bouddhiste

Cette aventure va au delà de l’expérience de la montagne. Le Népal est un pays bouddhiste, un pays où les temples sont aussi banals que les églises chez nous, où les petits drapeaux de prière sont aussi courants que les panneaux “attention battue aux sangliers” dans le Luberon en ce moment. Je me demande là, à deux jours de mon départ, si cela va me donner un sentiment de familiarité ou peut être même d’appartenance, à des milliers de kilomètres de chez moi. Curieuse, je suis curieuse.

Déambulations

Avant les 26 jours de marche dans la région de l’Everest, je vais passer une semaine seule à Kathmandou avec zéro programme à part celui de me laisser déambuler et peut être d’aller visiter le monastère de mon maitre Mingyur Rinpoche. J’ai été tentée de m’inscrire à des cours de tibétain, pour redonner un coup de boost à mon étude; j’ai jeté un coup d’oeil en ligne, ai été surprise par la diversité des propositions et surtout par leur professionalisme. Or, j’ai envie de bricolage, de trucs un peu foireux mais authentiques, de lieux bruyants et sombres où on accède par une petite porte un peu cachée.

L’ouvert

Je sais bien que la désillusion et la déception font partie des voyages; mais je ne pense pas projeter un quelconque exotisme sauveur sur le Népal. Je sais que la commercialisation du trekking et de l’alpinisme implique des hordes de touristes en mal d’émotions fortes, de la pollution, de l’appropriation culturelle, de l’ignorance. Mais dans chaque voyage, il y a beaucoup plus que ça, il y a toujours une dimension de l’ouvert, sur soi et le monde, qui ne déçoit jamais même quand elle est inconfortable.