Cet été était VAJRA. Vajra est le mot employé dans la sagesse bouddhiste pour désigner une des qualités de l’espace : son aspect tranchant, aigu, pur, bleu transparent, direct,… sa clarté.
Espace
Beaucoup de temps passé dans les montagnes pour moi encore cette année, en altitude, dans la neige, le froid et la roche, en contact immédiat avec l’espace de ce monde et le caractère précieux de ma vie qui passe. Une conscience plus forte de mon passage si court sur cette terre et de la nécessité de donner à ce qui reste de cette vie un sens profond, d’aspirer plus encore que jamais à une vie libre, une vie éveillée. La direction à donner à mon devenir m’est apparue comme encore plus claire, urgente et immédiate. Apprendre, me nourrir et pratiquer, non pas pour accumuler de la connaissance, mais pour m’ouvrir toujours plus à la possibilité d’être complètement vivante, et pour transmettre une façon de voir, une perspective claire et directe sur notre potentiel de vie.
Simplicité
Avec la clarté vient la simplicité, et la confiance que tout n’a pas à être compliqué ou difficile. Au contraire, il suffit d’oser investir des territoires qui nous sont inconnus, d’y faire un pas, puis un autre, pour que nos qualités humaines se déployent et nous indiquent le chemin. La voie spirituelle est dans ce sens très proche de l’ascension en montagne, du mouvement du crampon qui accroche la glace brillante ou crisse sur la roche, répété heure après heure. Mouvement simple, lent, patient, dénué de tout glamour, et pourtant ouvrant, quand on lève la tête, sur des espaces vierges qui emplissent le coeur et se suffisent à eux-mêmes.
Enseigner
A l’instar de ma voie spirituelle, sportive, sensitive, mon enseignement aussi s’épure, s’adresse à l’essentiel, c’est à dire au coeur, à l’intelligence innée, au désir de vie. Il est spontané et transversal, il mêle technique, théorie et expérience, expérimentation. Il génère la confiance et le possible. Il se repose sur mon esprit vajra, habitué à voir les lignes, à faire les liens et s’en faire le miroir. Il se repose sur mon intuition profonde que tout dans le vivant, cherche la liberté et peut y accéder.